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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 16:04
Ce matin nous partons pour faire le tour de Raiatea. 99 kilométres d'une superbe route entièrement bitumée, le luxe pour nous !
Par contre une très grosse partie du tour se fera sous la pluie et un temps couvert en général...
Ben oui c'est aussi ça les îles: les cocotiers, le lagon, la forêt tropicale, la végatation luxuriante, le soleil, et...beaucoup de pluie.
Bon j'aurai pu avec mon logiciel préféré vous y mettre plein de soleil et de couleurs saturées en quelques clics, comme on voit sur les papiers glacés des agences de voyage, mais je me suis dis qu'après tout je n'ai rien à vendre, et que la réalité, c'est aussi une météo pourrie !
Profitez en ça va durer !

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En haut  Bora Bora, puis Tahaa, et Raiatea (photo wikipédia)


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L'île est bordée de motu (petits îlots coraliens)
Des plus équipés...

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...aux plus "essentialistes"



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Le brouillard et la pluie donne un charme particulier à l'île, surtout dans les hauteurs, qui font rêver quelques grimpeurs en mal de varape.


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Il suffit en effet que la pluie tombe pour que nos yeux se détournent du lagon et scrutent vers des hauteurs inaccessibles, les cîmes voilées par des nuages arrosant parfois violemment tous les rêves de ciel bleu.

Raiatea représente dans le triangle polynésien l'île sacrée pour le nombre de Marae (ancien lieu de culte) présents sur cette terre.
L'un des plus célèbre est le Marae royal polynésien de « Taputapuatea », où cérémonies d’investiture et rencontres internationales avaient lieu.
Site emprunt de magie, ce sanctuaire était le siège du pouvoir religieux et politique de toute la Polynésie.

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Plan du marae initial


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Puis sur le site quelle ne fût pas ma surprise de découvrir un "marae personnel" au nom de Paulo Suluape.
Paulo Suluape fût le plus grand tatoueur samoan qui fit connaître au monde entier l'art et les significations du tatouage samoan (Pe'a).
Après renseignements pris, ce marae aurait été édifié en son hommage lors de la 1ere édition du Tatoonésia, convention de tatouage polynésien, qui eut lieu à Moorea en 2005.
De plus le hasard du calendrier me fait rappeler qu'il va y avoir bientôt la 3eme convention de tatouage à Apia, capitale des Samoa Occidentales que je connais bien pour y avoir entre autre fait la rencontre de Petelo, frére de Paulo qui continue la lignée du Tatau avec toute sa famille, éparpillée un peu partout entre La Nouvelle Zélande, Hawaï et les Etats Unis.
Plus d'info et de photos sur ma page facebook.
Cette convention rendra un hommage pour les dix ans de la mort de Paulo.

Raiatea est petite, le Monde l'est encore plus...
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En fin de matinée, la Hinano (bière locale) se fait attendre et poisson cru à la tahitienne aussi !

Par Famille Vieux
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 04:11
Le soir de notre arrivée à Raiatea nous avons retrouvé nos amis, Roland et Hafida, et nous sommes allés voir un spectacle de danse tahitienne guidés par les parents de Céline (elle se reconnaîtra !).
Une super soirée avec de l'ambiance et de bons petits en cas.
Voila quelques photos qui en diront plus long que des mots !
Si toutes les danseuses sont très jolies, il y a même de "charmants garçons" qui se glissent dans la danse, à vous des les retrouver.

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Par Famille Vieux
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 03:42
Départ pour Raiatea, survol de Huhaine et Raiatea par beau temps.
Ca nous change du temps pluvieux et frisquet de Nouméa.


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Huahine

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Raiatea

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Raiatea

Par Famille Vieux
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 03:14
Après deux jours de voyage, via Wallis, puis Nouméa, nous arrivons enfin à Tahiti.
Oh, juste pour une nuit, car dès le lendemain nous nous envolons pour Raiatea, l'île sacrée des îles de la Société.
Nous nous sentons ici très proche de Futuna par la végétation, la "coolattitude" des gens, et très éloigné en même temps car on redécouvre le monde moderne.
Des voitures que l'on a vu qu'à la télévision, des télèphones portables, des restaurants (mention spéciale pour les "roulottes", les camions-bar de La Réunion, où les portions de steack frites, ou thon riz, salade sont impressionnantes !), bref, une vie urbaine, mais qui ne dure pas longtemps une fois la nuit tombée.
Nous sommes jeudi 21 mai, et pourtant nous sommes partis vendredi 22 mai...eh oui, nous avons franchi la ligne de changement de date !


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Bon Appétit de Tahiti !
Par Famille Vieux
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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 04:50
Quelques clichés pris, à l'occasion des festivités de la Saint Pierre Chanel à Poï.
Quelques portraits, des visages. Mais aussi des Figures.
Des animaux bien connus et bien dodus, du kava dans le Tanoa.
Une Saint Pierre Chanel très traditionnelle, la dernière pour nous qui quitterons l'île en fin d'année.

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Par Famille Vieux
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 01:13
Les femmes de Sigave vont souvent à la pêche au filet avec un "kumete", ce sont des troncs d'arbre évidés qui servent de frèles embarcations.
Aujourd'hui la poubelle qui sert de seau de récolte semble lourde sur le platier, la pêche a du être bonne.

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S'il ne faut pas oublier le "ama" curcuma local qui protège le visage des coups de soleil, il faut aussi faire attention à se protéger les pieds du platier.
Par Famille Vieux
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 23:05

Sur la route entre Vele et Kolia il n'est pas rare que des grosses pierres tombent sur la chaussée.
Les pluies drainent boues et roches en cascade, et il faut souvent slalomer entre des pierres grosses comme des ballons de football.
Mais les pluies diluviennes qui s'abattent sur Futuna depuis une dizaine de jours ont cette fois eu raison d'un gros rocher.
Heureusement personne ne se trouvait en dessous au moment de la chute du bloc qui a entrainé avec lui branches et gravas.
Du travail en perspective pour les TP (Travaux Publics)

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De mémoire de futunien on évoque cet épisode d'il y a quelques années et qui s'est déroulé à cet endroit même.

Un bloc de rocher est tombé sur le coffre de la voiture d'un prof qui se rendait à l'aéroport.
C'était le jour où il devait quitter définitivement le territoire. Son dernier voyage...
Il est parti tout de même sain et sauf.
Mieux vaut en rire qu'en pleurer !



Par Famille Vieux
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /2009 05:51
Il y a quelque mois Dominique Vuillamy la directrice en chef adjointe de la revue L'Alpe me contacte par mail.
L'Alpe est une revue des éditions Glénat et du Musée Dauphinois basée à Grenoble.

Quel rapport avec "Notre Vie à Futuna " me direz vous?
Le froid d'Isère est loin des moiteurs tropicales du Pacifique, en ce moment très arrosées d'ailleurs par une dépression tropicale qui dure depuis presque une semaine.
Aussi quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'elle était interessée par une de mes photo du blog issue d'un article sur le Mont Puke. Cet article là du 26 Décembre 2006
Le revue prévoyait un article sur le Mont Puke, "un sommet français...à quelques vingt mille kilomètres des Alpes !"

L'article est écrit par Jean Kouchner (frère du ministre) journaliste, professeur à l'université de Montpellier 1, il évoque son ascension du Mont Puke et la légende de la tortue et la baleine. Légende bien connue ici d'une course entre Sigave et Alo.
Merci à elle d'avoir pensé à moi !

Article paru dans le numéro 44 du Printemps 2009, avec un grand dossier interessant sur les "Guerriers des Cîmes"
Ici le site de l'Alpe et le sommaire du 44
Par Famille Vieux
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 03:28
Lucas voulait faire la fête avec ses copains pour sa dernière année sur Futuna.
La fête était très réussie, et l'année est encore loin d'être finie.
Aïe, Aïe, Aïe....je crains les suivantes.

Tout s'est bien passé jusqu'a ce que l'abus de coca attaque les dents et la vision de quelques convives.

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Par Famille Vieux
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 20:15

Interview de Kusito Niuliki, 59 ans. Village de Taoa. Matapule ( Orateur du roi) du royaume d’Alo.

 

A quoi ressemblait ton quotidien lorsque tu étais enfant à Futuna ?

 

Ce dont je me souviens dans mon enfance, ce sont les allers/retours, Taoa/Tuatafa que je faisais avec mes parents. Les bébés étaient placés dans des paniers et les pères les portaient ainsi sur les épaules  lors des trajets. Ensuite lorsqu’ils commençaient à marcher, ils les habituaient à faire le circuit à pied.

A cette époque, nous n’avions que 2 jours d’école par semaine. Ce qui nous faisait revenir de Tuatafa tous les samedis après-midi.

 

Je comparerai plutôt la vie à Kolopelu (internat) en ce temps là, à une base militaire sans armes. On nous inculquait toutes sortes d’activités indispensables dans la vie d’un futunien : comment cultiver la terre, élever des cochons et autres animaux, approfondir notre connaissance de la Bible et de la religion catholique en général. En ce temps là, l’éducation n’était pas du tout ce qu’elle est de nos jours. Elle se résumait uniquement à l’apprentissage  des récits bibliques et des prières.

J’étais interne à Mauga, de 1962 à 1976. Il y avait 3 niveaux de scolarisation à Kolopelu :

Les plus jeunes n’allaient à l’école que la journée et ne rentraient dormir chez eux que le soir. Ensuite, on nous internait la semaine et le week-end nous rejoignions nos habitations. Et la dernière étape de cette scolarisation, c’est l’internement sans possibilité de rentrer chez soi jusqu'à la confirmation.

 

Une fois la confirmation faite, chaque jeune pouvait enfin rejoindre son village. Mais pas question d’aller habiter chez les parents. En effet, chaque village avait son « FALE UVO », sorte de foyer pour les jeunes célibataires. On en sortait qu’une fois marié ou lorsqu’on quittait l’île pour un voyage. Bien sûr cela ne concernait uniquement que la gent masculine, car les jeunes filles rentraient directement chez les parents.

Personnellement, je ne suis resté que 2 ans au « falé Uvo ». Ensuite je suis parti à Nouméa pour le service militaire pendant 3 ans. A l’issu de ces 3 années, je suis revenu sur l’île pour me marier. Deux ans après ce mariage je suis retourné à Nouméa chercher du travail en tant que maçon, ensuite retour définitif sur mon île natale où j’y suis ancré depuis.

 

 

 

 

Quel est ton rôle coutumier ?

 

Avant de répondre à cette question, je veux juste ajouter qu’en retournant au village après ces années d’internat, je fus nommé Chef des jeunes du « fale uvo » de Malae. A l’époque nous travaillions la terre, et ce que nous obtenions de nos cultures nous les offrions au roi Tuiagaifo, aux prêtres et à la chefferie. 

Ensuite, je devins président du parti socialiste à Alo en 1982. En ce temps là c’était Kameli Katoa qui était à la tête de ce parti.

Enfin dernièrement, je fus désigné par Mr Soane Maituku (précédent Tuiagaifo) « MATAPULE » en 2002. C’est le roi lui-même qui choisit son MATAPULE peu importe de quel village.

 

Peux-tu nous expliquer ce que c’est qu’un « MIO » ?

 

Pour répondre à cette question je vais prendre exemple sur la  « cérémonie du Kava royal».

En effet lors des grandes cérémonies qui réunissent le roi et toute sa chefferie, une fois que toute l’assemblée est au complet, je donne l’ordre de débuter la cérémonie du Kava.

Lorsque la personne qui prépare le breuvage du Kava a terminé de nettoyer les racines, il pousse un cri :

                        - Le Kava est nettoyé !

Ce à quoi, je réponds :

En attendant la préparation du Kava, je bénis toute l’assemblée et remercie Dieu pour que tout se déroule correctement (bien sûr avant, l’arrivée de la religion catholique sur notre île, nos ancêtres remerciaient le Dieu FAKAVELIKELE).

Ensuite un nouveau cri :

Le partage se fera de façon suivante :

Le premier Kava est pour Tuiagaifo, le second pour un homme ordinaire participant à la cérémonie, Le troisième est pour le Saakafu. Une fois que le Saakafu a terminé de boire son kava, des assistants se lèvent alors pour la grande distribution :

On commence par le Tiafoi, ensuite Sa’atula, Tuisa’avaka, Tuiasoa et Vakalasi.

Une fois la distribution terminée, un chef ou un homme quelconque de l’assemblée se présente pour la récitation du « Mio » avant le partage du « katoaga » (les cochons).

En voici un exemple de mio :

- Oh mio mio oh !

Je me dresse ivre d’exaspération pour plonger dans la rivière de Vaiata,

Une discussion masculine y a lieu en l’honneur d’un grand guerrier venu du ciel.

Fitumosogia, voici ton kava en l’honneur de Kula.

Lorsque tu seras prêt à voyager, passe par Futuna,

Terre de guerre entre Tribus.

Si tu poursuis vers Sikumafa’a, aucun guerrier ne pourra te défier,

Sauf à Matau’i où Osokalaga, descendant des dieux t’y attend…

 

Cette racine de kava qui est disposée devant vous,

a été arrachée, divisée, mâchée, puis brassée,

qu’on la prépare et qu’on la distribue

Car tout Futuna est réunie

OA ! O FALEA O KAVA O TAPA TO O MIO!

Ce n’est qu’après le mio qu’on procède à la distribution du « Katoaga ». 

 

Maintenant je réponds à ta question :

Le mio prend ses origines par exemple, après une confrontation entre 2 villages ou 2 guerriers. Ce sont les lamentations ou les cris de joies des femmes après la mort ou la victoire d’un grand guerrier très célèbre. Celui que je viens d’évoquer est celui d’un grand guerrier de Taoa nommé Osokalaga. Il a été sauvé par le village de Malae. C’est la raison pour laquelle jusqu’à nos jours le Sa’atula et le Tiafoi (c’est-à-dire les villages de Malae et Taoa) ne sont jamais entrés en guerre depuis nos ancêtres jusqu’à maintenant.

 

 

Comment devient-on chef coutumier ?

 

La chefferie est divisée en 3 niveaux :

La nomination d’un chef se fait comme l’intronisation d’un Roi : C’est la famille qui le choisi.

Exemple le Sa’atula de Malae : Toute la famille du Sa’atula se réunit pour désigner la personne qui portera ce titre. Le Sa’atula est issu de 3 familles : le « Fale’aliki », le « Faletiale » et le « Kakai » (le peuple).

On fait tourner la racine de Kava parmi ces 3 familles. Si l’une d’elle n’arrive pas à s’entendre sur une même personne, elle doit passer le kava à la famille suivante, et ainsi de suite.

Le « Kakai » (le peuple) est le dernier recours.

Actuellement la personne qui porte ce titre de Sa’atula est Setefano Takaniko, élu par le « Kakai ».

 

 

Quelle est la vision des jeunes d’aujourd’hui sur la coutume ?

 

Les jeunes sont divisés en 2 clans : Ceux qui pratiquent la coutume quotidiennement et ceux qui refusent de l’adopter.

Mais je pense qu’actuellement la majorité des jeunes sont pour la conservation des traditions et des coutumes futuniennes.

Toutefois, je suis convaincu qu’à l’avenir les jeunes risquent de se soulever contre ces coutumes ancestrales. Mais pour l’instant, ce n’est pas encore le cas…

 

Ne trouves-tu pas que la coutume est un trop lourd fardeau pour les futuniens ? Est ce que les gens y participent autant qu’avant ?

 

En fait, les gens oublient souvent ce qu’est réellement la coutume.

Il faut bien faire la distinction entre la coutume et la fierté d’un homme. La coutume en elle-même n’est pas une trop lourde charge, dans la mesure ou un futunien dépense environ un ou 2 cochons et quelques tarots par ans pour les fêtes religieuses par exemple.

En revanche, certains font l’amalgame entre coutume et fierté personnelle : par exemple lorsque l’aîné d’un couple fait sa  première communion, toute la famille se réunit pour faire la fête. Et pendant ces festivités, on dépense énormément. Ces pratiques ne font parties des traditions futuniennes. On ne force pas les gens à fêter les communions de leurs enfants, loin de là. Chacun est libre de faire son choix.

Actuellement, la grande majorité du peuple futunien est encore très attachée aux traditions et aux coutumes de notre petite île. Nombreux sont ceux qui obéissent encore au roi et à sa chefferie.

 

 

Est ce que la valeur du cochon est aujourd’hui aussi importante que par le passé. Aujourd’hui, un homme riche est-il celui qui a beaucoup de cochons ou beaucoup d’argent ?

 

Le cochon a toujours été un des éléments fondamentaux dans la vie des futuniens.

Du temps de nos ancêtres, ils se nourrissaient du cochon et s’en servaient également pour faire la coutume. De nos jours encore, le cochon tient une place très importante surtout lors des fêtes religieuses ou des cérémonies d’intronisation par exemple.

Avec l’arrivée des sacs de nourriture pour cochons dans les magasins, des porcheries se sont développées partout sur l’île. Et les « katoaga » d’aujourd’hui sont beaucoup plus imposants qu’auparavant. Chaque famille possède son parc à cochon.

Dans le passé, un homme qui cultivait la terre, qui élevait des cochons, était considéré comme riche. Maintenant ce n’est plus le cas. L’argent a tout changé. Un futunien qui travaille et qui a une bonne rentrée d’argent est un futunien riche car plus il a d’argent plus il a de cochons puisqu’il peut acheter de quoi les nourrir.

 

 

Quels sont les rapports entre la coutume et le sous préfet ?

 

Le Sous-préfet est le représentant de l’état français sur Futuna. Le Roi et sa chefferie sont les gardiens de la coutume futunienne. Selon le décret de 1961, le Sous-préfet comme le Roi et toute sa chefferie doivent collaborer dans le respect. En effet pour les décisions à prendre en ce qui concerne les tâches administratives, le Sous-préfet est le seul à pouvoir trancher. Le roi et sa chefferie s’occupent par exemple des litiges entre futuniens. Mais, ces deux autorités doivent coopérer pour une meilleure gestion de l’île.

 

 

Comment vois-tu l’avenir de l’île ?

 

Je pense que l’avenir de Futuna est entre les mains des jeunes étudiants. Nous avons besoin de jeunes intellectuels pour développer l’île. J’espère qu’elle poursuivra son développement économique tout en respectant nos traditions ancestrales. C’est la raison pour laquelle je pense que nos élus territoriaux doivent faire tout le nécessaire pour aider les jeunes à poursuivre leurs études afin que Futuna puisse se construire un meilleur avenir.

 

 

Que penses-tu des wallisiens et futuniens qui vivent en métropole et qui sont à l’écoute de ton interview ?

 

Il est vrai qu’il y a énormément de wallisiens et futuniens qui vivent en métropole ou ailleurs. Ce phénomène est le résultat du manque d’activité professionnelle sur nos îles. Il suffit qu’un membre d’une famille trouve un travail en métropole par exemple, puis tout le reste suit le même trajet. Beaucoup de jeunes partent avec l’espoir de revenir travailler dans nos îles mais ce qui les retient c’est bien sûr le manque de travail sur place. Nous constatons d’ailleurs une baisse de natalité due à ces migrations. L’île se vide tout doucement de ces jeunes.

 

 

Peux-tu nous parler brièvement du cahier des lois de la chefferie d’Alo ?

 

Ce cahier a été édité pour encourager les Futuniens du royaume d’Alo, surtout, à obéir et à respecter l’autorité royale et sa chefferie.

Ainsi ce cahier incite les futuniens à aller à la messe car l’église se vide de plus en plus les dimanches.

Ensuite concernant les débordements des ivrognes, que ce soit d’Alo ou de Sigave, une loi les punit.

Dans ce Cahier de Lois, on incite également les jeunes à passer leur permis afin d’éviter des accidents et bien d’autres points que je ne citerai pas car moi-même je ne l’ai pas encore lu.

 

 

 

Merci beaucoup à Eva pour la traduction de l'interview.

 

 

 

 

 

 

                       

 

Par Famille Vieux
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